Communiquer avec des neurones vivants, c'est un peu comme régler une vieille radio : il faut non seulement trouver la bonne fréquence, mais aussi orienter l'antenne. Des chercheurs ont transmis des images via des électrodes et ont découvert que les neurones ignorent les signaux monotones, mais comprennent les salves brèves – des impulsions rappelant celles des pulsars – avec une précision de 95,6 %. Ce code à haute entropie (mesure de l'imprévisibilité) transporte bien plus d'informations qu'un bourdonnement régulier. Mais il ne suffit pas de choisir la « fréquence » : la disposition spatiale des contacts s'est révélée tout aussi importante. Une stimulation au mauvais endroit sur la matrice d'électrodes affaiblissait le signal, comme si l'antenne pointait loin de la station. Le plus étonnant : des neurones qui n'avaient jamais été exposés à la lumière ont reconnu des images visuelles – comme si une vision artificielle s'était éveillée en eux. Les futurs dispositifs biohybrides exigeront une précision spectroscopique (réglage sur le spectre des fréquences) et un abandon des modèles standard de codage.
La crevette pistolet chasse en créant une onde de choc avec sa pince – une détonation acoustique. Tout comme les neurones : de brèves salves d'impulsions traversent le « bruit » mieux qu'un bourdonnement monotone.
Cela rappelle « Neuromancien » de William Gibson : là-bas, les réseaux biologiques deviennent des processeurs ; aujourd'hui, c'est une réalité de laboratoire.