Le grand mystère, c'est la matière noire, invisible mais perceptible par le mouvement des étoiles dans la galaxie. Un des candidats : les trous noirs primordiaux, nés dans les premiers instants de l'Univers. Contrairement aux géants trous noirs ordinaires, ils ont la taille d'un atome, ne nécessitent aucune exotisme en dehors du modèle standard et pourraient constituer la masse cachée.
On peut les détecter par le chauffage de la poussière cosmique — ces infimes particules dans le vide interstellaire. Selon l'idée de Stephen Hawking, les trous noirs émettent un faible rayonnement. Mais si le trou tourne, il fonctionne comme un sèche-cheveux : la rotation agit comme un ventilateur qui accélère le flux d'air chaud. Ce « vent » de particules amplifie considérablement le chauffage des grains. Les simulations numériques l'ont confirmé : sans rotation, le trou chaufferait des milliers de fois moins — la galaxie resterait glaciale.
En comparant les modèles et les types de poussière, les scientifiques ont établi une limite : pour les grains de silicate (qui composent la « saleté » cosmique), la part des trous noirs primordiaux dans la matière noire ne dépasse pas 0,01 %. C'est un filtre strict pour les théories. Aucune détection directe pour l'instant, mais si ces trous en rotation sont découverts, ils ouvriront la porte sur les premières secondes du cosmos.
La poussière cosmique, souvent considérée comme de la simple saleté, s'avère être un détecteur extrêmement précis de trous noirs invisibles.