Un flash photographique qui se déclenche en un millième de seconde ne chauffe pas le sujet – contrairement à un flash ordinaire qui dure une seconde entière. On a découvert un phénomène similaire en radiothérapie : lorsque la dose d'irradiation est délivrée en millisecondes plutôt qu'en minutes, les tissus sains souffrent moins. On a appelé cela l'effet FLASH.
Les cellules cancéreuses meurent alors comme d'habitude, mais la peau ou les muqueuses autour de la tumeur restent presque intactes. Pendant des décennies, on a cherché la cause – et le principal suspect était l'oxygène. C'est lui qui détermine à quel point les radiations endommagent une cellule vivante. Avec une dose ultra-rapide dans un tissu à niveau d'oxygène modéré, la chimie change : au lieu de radicaux hydroxyles agressifs (des molécules destructrices), on obtient davantage d'électrons « libres », moins dangereux.
Ainsi, les fluctuations de l'oxygène dans la tumeur et autour d'elle pourraient devenir la clé pour ajuster le traitement. Pour la première fois, on a pu mesurer la vitesse à laquelle le tissu « consomme » l'oxygène pendant la dose ultra-rapide – une consommation qui prend normalement une minute se fait en millisecondes. Une telle vitesse change tout le tableau de la chimie des rayonnements.
Maintenant que l'on sait que l'effet FLASH n'est pas un miracle mais un réglage précis du régime d'oxygène, on peut concevoir des appareils. Ils « verront » la saturation en oxygène du tissu et adapteront la vitesse de dose individuellement. Ce fameux flash photographique, mais qui sauve des vies.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2607.17974
FLASH radiotherapy (FLASH-RT) is the phenomenon of relative sparing of normal tissue when ultra-high dose rates (UHDR) are used compared with conventional dose rates (CDR) as clinically used. Despite extensive investigation, the underlying mechanisms remain unexplained. Among the proposed hypotheses, tissue oxygen has consistently been a central theme because oxygen is the most dominant factor known to modulate radiation-induced damage. The factors implicated in FLASH sparing include the baseline partial pressure of oxygen (pO2), transient radiolytic oxygen consumption (ROC), and oxygen-dependent changes in the chemistry of reactive oxygen species (ROS) that vary with dose rate. This review synthesizes current evidence on in vivo oxygen measurement techniques, highlighting their capabilities and limitations in capturing the spatial and temporal heterogeneity of tissue oxygenation. Key experimental studies in skin are summarized and interpreted by modulating oxygen levels via changes in inspired oxygen gas and vascular clamping interventions, demonstrating that the FLASH effect occurs only at intermediate baseline pO2 (normoxic or slightly hypoxic) values, but not at hypoxia or hyperoxia. Direct measurement of oxygen consumption during UHDR irradiation is possible, providing one of the first in situ measurements of radiation chemistry in patients. In parallel, recent advances in fast in vitro radiation chemistry assays indicate that UHDR irradiation alters radical yields, favoring increased production of solvated electrons and reduced hydroxyl radical mediated damage. Taken together, the available data suggest that the FLASH sparing effect arises from an interplay among the delivered dose and dose rate, local oxygen availability, and radiation chemistry, with tissue-specific variation in scavenging, leading to altered biological responses across the CDR-to-UHDR shift.
Avec une dose ultra-rapide, le tissu consomme l'oxygène si vite qu'il crée localement une « ombre d'oxygène » temporaire, qui protège les cellules saines.
Dans le roman « Seul sur Mars » d'Andy Weir, le héros survit grâce à un contrôle précis de l'oxygène – ici, le même principe régit le sort des cellules sous le faisceau.