Quand une étoile massive meurt, son cœur s'effondre puis explose en supernova. Le premier éclair de lumière de cette explosion — le breakout (la sortie de l'onde de choc) — ne dure généralement que quelques secondes. Mais l'éruption EP260321a s'est étirée sur mille secondes. La cause ? Un nuage de gaz dense que l'étoile elle-même avait éjecté quelques jours avant sa mort. Le télescope Einstein Probe l'a détectée en mars 2026, et les astrophysiciens ont construit un modèle : l'onde de choc a traversé cet obstacle.
Ce nuage est le résultat d'un puissant vent stellaire : l'étoile perdait de la masse à un rythme tel qu'elle se serait entièrement évaporée en mille ans. Mais le vent n'a pas soufflé longtemps, et la masse du nuage n'était que de 10⁻⁵ masse solaire — une goutte d'eau à l'échelle stellaire. Pourtant, cette goutte a suffi à freiner l'onde et à étirer le « cri » sur un quart d'heure.
Quand l'onde a percé le nuage, la luminosité a chuté brusquement. Ainsi, la forme de la courbe en rayons X a révélé les derniers jours de l'étoile : son cri d'agonie à travers un voile de gaz a indiqué combien de masse elle avait perdue avant l'effondrement. Désormais, les astrophysiciens savent que même de minuscules enveloppes éjectées peuvent allonger les breakouts, et que de tels événements sont la clé de l'évolution finale des étoiles massives.
Si un tel taux de perte de masse avait persisté toute la vie de l'étoile progénitrice, elle aurait éjecté plusieurs masses solaires — cela signifie que le vent intense n'a soufflé que brièvement, probablement en raison du chauffage par ondes lors de la phase de combustion du silicium.
Le « cri » en rayons X d'une étoile mourante évoque la transmission finale d'un signal dans le roman « Solaris » de Stanislas Lem, où l'océan envoie d'énigmatiques pulsations qui portent des informations sur sa structure.