Les amas de galaxies sont d'immenses nuages de gaz chaud dans lesquels flottent des centaines de galaxies. Au centre de l'un d'eux, H1821+643, brille un quasar — un trou noir supermassif qui avale de la matière et rayonne plus intensément qu'une galaxie entière. Une partie de cette matière est éjectée sous forme de vent puissant. C'est lui qui brasse le gaz environnant, comme un souffle sur une tasse de thé brûlant.
Des mesures d'une précision sans précédent ont montré que les ions de fer dans cet amas se dispersent à une vitesse de 295 km/s — soit 130 km/s de plus que dans les régions calmes. Le vent du quasar consacre jusqu'à 10 % de son énergie à créer cette turbulence (des tourbillons chaotiques dans le plasma). Cela suffit à compenser entièrement le refroidissement. Ainsi, un mécanisme resté théorique pendant des décennies a reçu une confirmation observationnelle directe.
H1821+643 n'est pas seulement le quasar le plus proche de nous dans un amas, c'est aussi l'un des plus puissants : sa luminosité en rayons X est 10 à 100 000 fois supérieure à celle de tout autre quasar dans un environnement similaire. Pourtant, il se trouve dans une phase d'évolution étonnamment « calme » : ses jets sont à peine visibles et il est classé comme radio-silencieux.