Deux villes avec la même densité de population moyenne peuvent avoir des apparences très différentes : l'une est une grille régulière de quartiers, l'autre un labyrinthe de ruelles étroites. Il en va de même dans le monde de la gravité : deux configurations centrales de 5000 particules avec une mesure globale de regroupement presque identique — la variety (ne différant que de 1,686%) — se sont révélées organisées de manière radicalement différente à l'intérieur. La variety augmente des deux côtés du point de Janus (le moment de taille minimale du système) et sert d'indicateur de la flèche du temps gravitationnelle dans l'approche de Barbour. Mais pourquoi cela ne suffit-il pas ?
Pour mesurer la géométrie locale, les scientifiques ont introduit l'anisotropie des six plus proches voisins A6. Pour chaque particule, on a examiné à quel point ses voisins sont répartis uniformément : 0 signifie qu'ils l'entourent de manière égale de tous les côtés, 1 signifie qu'ils sont presque alignés. La moyenne de A6 pour la première configuration est de 0,1331, un fond presque isotrope. Pour la seconde, elle est de 0,3419, soit une différence de 156,8%. Dans la première, aucune particule n'avait une A6 supérieure à 0,5 ; dans la seconde, 18,1% en avaient — des régions entières de structures allongées. Cela signifie que la mesure globale de variety ne voit pas les détails de l'organisation interne : deux « villes » avec la même densité moyenne peuvent être soit une banlieue tranquille, soit un enchevêtrement de voies tendues. Pour comprendre leur évolution, il faut regarder la géométrie des rues.
La différence de variety globale entre les deux configurations est comparable à la différence de taille entre deux personnes de 1 cm pour une moyenne de 170 cm, tandis que la différence d'anisotropie locale correspond à celle entre un haltérophile et un marathonien.