Un supraconducteur poussé jusqu'à 190 kelvins express

Original: "Evidence for superconductivity at 190 K in a pressure-overdoped cuprate"
arXiv:2608.00942v2 · 2026-08-02 · CC BY 4.0 · 2 min
Dans un supraconducteur à base de cuprate soumis à une pression de 60 gigapascals, la température critique a grimpé à 190 K — un record pour ce type de matériaux.

De nombreux matériaux se comportent comme une glace capricieuse : sous une certaine pression, ils fondent ; sous une autre, ils durcissent. Les supraconducteurs de la famille des cuprates ne font pas exception. Leur capacité à conduire le courant sans perte dépend de la compression du réseau cristallin. Dans cette nouvelle étude, des physiciens ont suivi cette dépendance pour le composé Bi-2223. Les échantillons ont été placés dans des cellules à haute pression et le moment de l'apparition de l'effet Meissner — ce signe caractéristique de la supraconductivité où le champ magnétique est expulsé de l'échantillon — a été mesuré.

Sous une compression jusqu'à 25 GPa (environ 250 000 fois la pression atmosphérique), la température critique du supraconducteur s'est comportée de manière inattendue : elle a d'abord chuté, puis a commencé à augmenter. Cela rappelle une voiture qui rétrograde dans une côte, puis passe en seconde et grimpe avec assurance. Au-delà de 25 GPa, la croissance est devenue continue, et à 60 GPa, la température a atteint 190 K — soit moins 83 degrés Celsius. Plus froid qu'une nuit polaire, mais bien plus chaud que la plupart des supraconducteurs connus.

Une pression de 60 GPa est comparable à celle qui règne à environ 2000 kilomètres sous terre, où les roches s'écoulent comme de la pâte à modeler.

Cette allure de la courbe suggère l'existence d'un second domaine de supraconductivité à fort niveau de dopage (l'ajout d'impuretés pour modifier les propriétés). Peut-être le matériau réorganise-t-il sa structure électronique, ouvrant un nouveau canal pour un courant sans dissipation. Ce n'est pas un simple record pour le record : comprendre ce second régime pourrait aider à créer des supraconducteurs fonctionnant à des températures plus commodes.

La température de 190 K (-83 °C) est plus basse que la température naturelle la plus froide jamais enregistrée sur Terre (-89,2 °C à la station Vostok en Antarctique), mais elle nécessite tout de même un refroidissement.

Scientifiques
Satyendra Nath BoseJohn BardeenFelix BlochGeorg OhmEmile ClapeyronHendrik Casimir
Notions
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