La lumière portant l'image d'un chiffre est injectée dans le cœur de verre à une vitesse proche de celle de la lumière (vitesse de la lumière). À l'intérieur, comme l'eau dans une rivière aux rapides, le flux lumineux se mélange tout seul : les tourbillons et les collisions transforment l'image en un motif chaotique. C'est précisément cela, le calcul — sans un seul transistor. À la sortie, on recueille un arc-en-ciel d'éclaboussures (spectroscopie) et on mesure la luminosité de chaque teinte pour décoder le résultat avec un algorithme simple.
Des milliers de chiffres manuscrits de la collection MNIST ont été envoyés à travers ce dispositif. Résultat : 93 % de bonnes réponses. Tout le système tient en un morceau de câble Internet ordinaire et deux lasers. De plus, l'étirement volontaire de la lumière dans le temps (la dispersion, qui d'habitude dégrade le signal) n'a fait qu'améliorer la reconnaissance.
Une infime fraction du bruit quantique, telle une ondulation provoquée par des gouttes de pluie, trouble légèrement l'image, mais n'empêche pas le « cerveau » de fibre de fonctionner. L'intrigue : pour effacer tout l'apprentissage, une seule impulsion lumineuse puissante suffit — comme une vague qui efface des dessins sur le sable, et le système est prêt à réapprendre.
Une fibre de télécommunication ordinaire, comme celles qui reposent au fond des océans pour Internet, peut être transformée en ordinateur capable d'apprendre, simplement en y faisant passer une lumière astucieusement codée. Et pour oublier tout ce qu'elle a appris, il suffit d'un éclat lumineux intense — la fibre est alors prête à repartir de zéro.