Cette étude se situe en marge des recherches voisines : les plus proches portent sur les pompes à chaleur océaniques, les tapis roulants océaniques et l'influence de la rotation sur la chaleur des lunes glacées, mais aucun ne s'est intéressé au dipôle sous-marin de la mer de Chine méridionale. Il a déjà été montré que l'océan d'Encelade fonctionne comme une pompe à chaleur et que le tapis roulant océanique est sur le point de s'effondrer, mais le lien entre la température sous-marine, la mousson et El Niño dans cette région restait inexploré.
Nous avons utilisé les données de réanalyse GLORYS avec une résolution de 1/12° sur la période 1993-2018. La température sous-marine a été moyennée sur la couche 50-150 mètres et décomposée en fonctions orthogonales empiriques (EOF). Pour validation, nous avons utilisé les données Argo au nord et la réanalyse ORAS5 sur l'ensemble du bassin. Le bilan de chaleur a été calculé à partir de l'équation incluant l'advection et un terme résiduel. La contrainte du vent et la pression proviennent d'ERA5.
Le mode principal (EOF1) explique environ 33 % de la variance et représente un dipôle méridien avec une frontière vers 11°N. La série temporelle de ce mode est corrélée à l'intensité de la mousson d'été (r = 0.69). Lors de moussons fortes (1994, 2002, 2018), il fait froid au nord et chaud au sud ; lors de moussons faibles (1995, 1998, 2010), c'est l'inverse. Les anomalies sont les plus marquées entre 50 et 150 mètres, atteignant jusqu'à 300 mètres de profondeur. Le bilan de chaleur montre que l'advection verticale domine : dans le domaine nord, en 2018, elle contribue à hauteur d'environ −1.9×10¹³ W, et dans le domaine sud, +0.9×10¹³ W. L'advection horizontale est secondaire et compense parfois l'advection verticale. Le dipôle s'accompagne d'une circulation méridienne : lors de moussons fortes, le transport de chaleur vers le sud à travers 10.5°N est de −9.75×10¹⁴ W, et lors de moussons faibles, vers le nord, de +1.45×10¹⁵ W.
Cette étude montre pour la première fois que la température sous-marine de la mer de Chine méridionale est organisée en dipôle, contrôlé par la vorticité du vent plutôt que par le réchauffement de surface. Cela la distingue des études voisines qui se concentraient sur les pompes à chaleur ou les tapis roulants dans d'autres régions. Le dipôle relie El Niño au contenu thermique de la couche supérieure et pourrait influencer les cyclones tropicaux et les vagues de chaleur sous-marines.
Ce sujet pourrait évoluer vers la prévision des vagues de chaleur sous-marines et de leur lien avec les cyclones tropicaux. L'étude de l'influence du dipôle sur la biogéochimie et les écosystèmes est prometteuse. Une extension à d'autres mers marginales à climat de mousson est envisageable.
Cela influencera la prévision des cyclones tropicaux, des vagues de chaleur sous-marines et le climat régional de l'Asie du Sud-Est.
Vérifier le dipôle dans des séries plus longues et des modèles, et étudier son lien avec des cyclones tropicaux spécifiques.
Pour l'océanographie, la question de savoir comment les anomalies de chaleur sous-marines interagissent avec l'atmosphère et influencent les événements extrêmes reste ouverte. Le dipôle propose un nouveau mécanisme de couplage entre El Niño et le contenu thermique d'une mer marginale, ce qui pourrait aider à la prévision des vagues de chaleur et des cyclones.
Cette section s'adresse à l'auteur du travail et à ses collègues. Les travaux voisins ont été trouvés par une recherche sémantique dans notre archive, et non par correspondance de mots. Nous n'évaluons pas : nous montrons le champ autour.
Ce que fait ce travail
Cette étude analyse le dipôle de température sous-surface estival en mer de Chine méridionale à partir des données de réanalyse GLORYS avec une résolution de 1/12° pour la période 1993–2018. Grâce à une analyse EOF, le mode principal, qui explique environ 33 % de la variance, a été identifié, et il est montré que sa série temporelle est corrélée à l'intensité de la mousson d'été (r = 0.69). Le bilan de chaleur révèle la dominance de l'advection verticale, associée aux anomalies de vorticité du vent, ainsi qu'une circulation méridionale concomitante.
Où est sa force
Ce travail démontre pour la première fois que la température sous-surface de la mer de Chine méridionale est organisée en un dipôle contrôlé par la vorticité du vent, et non par le réchauffement de surface, et relie ce dipôle à la mousson et à El Niño. Cela établit une base pour l'étude approfondie de l'influence du dipôle sur les cyclones tropicaux et les vagues de chaleur sous-marines.
Vers où avancer
À essayer
Pourquoi cela peut compter
Si le dipôle s'avère stable et prévisible, il pourrait être utilisé pour affiner les prévisions saisonnières de la structure thermique de la mer de Chine méridionale, ce qui est important pour la prévision des cyclones tropicaux et des vagues de chaleur marines.
Travaux voisins dans notre archive
L'archive est vide autour de ce travail : l'analyse la plus proche n'est qu'à 0.52, contre 0,64 d'ordinaire. Il semble qu'on ait peu foré à côté.
Le dipôle sous-marin est invisible en surface : lors de fortes moussons, toute la surface du bassin se refroidit à cause de l'évaporation et de l'upwelling, tandis que le dipôle se cache sous 50 mètres de profondeur.