L'intrication quantique, c'est comme si deux danseurs exécutaient toujours des pas parfaitement synchronisés, même sur des continents différents. Autrefois, on n'obtenait un tel duo que dans des réfrigérateurs de laboratoire. Aujourd'hui, des physiciens l'ont réalisé dans un cristal plat de nitrure de bore à température ambiante, en couplant la rotation d'un électron à celle d'un noyau de carbone-13. Pour que le rythme perturbateur de la foule d'atomes ne gâche pas la danse, ils ont utilisé la « découplage dynamique » — une technique qui isole le duo des bruits parasites. La synchronisation a duré 38 microsecondes — une éternité à l'échelle quantique.
La rotation nucléaire a servi de mémoire quantique, augmentant la sensibilité des capteurs magnétiques jusqu'à pouvoir distinguer des molécules individuelles. La spectroscopie de corrélation et le contrôle du désordre quantique — l'entropie — ont joué un rôle clé. Fait inattendu : la stabilité de la paire intriquée à température ambiante s'est avérée suffisante pour fonctionner à l'intérieur d'une cellule vivante. Les biologistes s'intéressent déjà à cet outil pour observer les processus moléculaires.
Les particules intriquées peuvent se trouver simultanément dans deux états — les physiciens appellent cela la superposition. Seule une mesure les force à choisir l'un ou l'autre.
Les capteurs à particules intriquées rappellent le tricordeur de « Star Trek » — un analyseur de matière de poche qui distingue les atomes.