Prédire le climat, c'est un peu comme suivre une recette compliquée : une pincée de trop, et tout est gâché. C'est le cas avec les nuages — petits, mais décisifs. Les modèles climatiques découpent le ciel en cellules de 50 à 100 km et ne voient pas les nuages individuellement. C'est comme verser le poivre à la poignée alors que la recette demande une pincée.
Les scientifiques ont entraîné un réseau de neurones sur des calculs très détaillés, où les nuages sont visibles dans les moindres détails. Il a appris à prédire la partie de la chaleur solaire qui est liée aux nuages. Le ciel sans nuages est toujours calculé avec la physique — ainsi, la méthode ne se démode pas quel que soit le niveau de CO₂ et d'activité solaire. Les erreurs ont été réduites de 4 à 10 fois.
Rebondissement inattendu : le réseau de neurones ne voit jamais les nuages eux-mêmes. Il travaille avec de grandes cellules, mais il capte leur influence cachée. Un détail microscopique pilote la vision globale.
Dans les modèles climatiques, une cellule typique de la grille fait 50×100 km, alors qu'un nuage ne fait que quelques centaines de mètres. Caser toute une « bouillie » de nuages dans une seule cellule — c'est là qu'il a fallu faire preuve d'ingéniosité.
Le contrôle du climat par des ordinateurs est une science-fiction familière : dans le roman « Mars la rouge » de Kim Stanley Robinson, les héros terraforment Mars en calculant chaque degré.