Pour l'Internet quantique, il faut savoir retenir la lumière — comme les envois postaux dans un centre de tri. À la base, une fine plaquette cristalline avec des ions d'europium (l'élément qui donne la lueur rouge aux écrans de smartphones). Entre deux miroirs, le cristal forme un piège. La lumière, rebondissant à l'intérieur, est absorbée par un ion et réémise un instant plus tard — exactement comme une boîte aux lettres qui reçoit et renvoie les lettres.
Grâce à la spectroscopie, les matériaux idéaux ont été sélectionnés. Efficacité : 80 % pour les impulsions laser et près de 70 % pour les photons uniques issus de la fibre optique. Selon le modèle standard, la lumière se déplace toujours à la vitesse de la lumière, mais ici, elle s'immobilise.
Une fine membrane permet d'ajuster la couleur de la lumière capturée par une simple pression — comme une boîte qui change la largeur de sa fente. C'est l'héritage des expériences de Serge Haroche et Jeff Kimble avec des photons uniques, qui se concrétise dans des puces pour répéteurs quantiques et processeurs optiques.
Le cristal dopé à l'europium peut stocker une impulsion lumineuse pendant plus d'une milliseconde — une éternité à l'échelle quantique, pendant laquelle la lumière aurait le temps de faire plus de sept fois le tour de la Terre.