La matière noire est le squelette invisible du cosmos, dont l'existence a été révélée par les tourbillons des galaxies à Fritz Zwicky et Vera Rubin. De quoi est-elle faite ? C'est resté une énigme pendant un demi-siècle.
Une nouvelle hypothèse dresse un tableau inhabituel. Dans l'univers primordial brûlant, les particules de matière noire filaient à la vitesse de la lumière, mais avec l'expansion et le refroidissement, elles ont commencé à ralentir et à s'apparier — comme des danseurs qui se donnent la main dans une ronde. Puis, à une température critique, cette danse s'est figée instantanément : les paires se sont condensées en un motif quantique unique, rappelant un état supraconducteur. Cette transition expliquerait pourquoi la matière noire est aujourd'hui froide et immobile, et fournit une prédiction vérifiable : la distribution de la matière dans l'univers devrait être légèrement plus diffuse qu'on ne le pensait.
L'empreinte de cette danse figée pourrait être décelée en superposant la carte de la lumière ancienne (le rayonnement fossile) avec la panorama de la distribution des galaxies. Si l'anomalie se confirme, nous apprendrions que la matière noire n'est pas un amas de particules individuelles, mais un condensat quantique de paires, qui dépasse le cadre du modèle standard de la physique des particules.
La matière noire n'a pas toujours été froide : dans les premiers instants après le Big Bang, elle se comportait comme un rayonnement, puis elle s'est figée en un condensat quantique.