La distribution de Wigner ressemble à une carte topographique des probabilités : des collines là où la particule a le plus de chances de se trouver, des creux là où elle ne devrait pas être. Pendant longtemps, ces « creux » négatifs ont été considérés comme un signe infaillible qu'un système se comporte de manière quantique. Cependant, la lumière classique, semblable aux vagues d'un lac, peut reproduire ces reliefs après un filtrage astucieux.
Le secret réside dans la sélection des événements : en faisant passer la lumière à travers un seuil, les scientifiques n'ont conservé que les signaux forts, ignorant les faibles. Exactement comme un sondage où l'on élimine les votes « contre » et ne compte que les « pour » — le résultat semble unanime. Ainsi, des zones négatives apparaissent sur la carte, alors que la lumière d'origine était ordinaire. Ces valeurs négatives ne sont pas de véritables probabilités, mais une astuce mathématique, un peu comme un solde négatif en comptabilité.
Cela signifie que la négativité de Wigner ne garantit pas la présence d'effets quantiques. Pour ne pas se laisser piéger, des tests plus subtils sont nécessaires. Cette compréhension vient notamment de Roy Glauber, qui a étudié comment la lumière peut se faire passer pour quantique.
Eugene Wigner a inventé en 1932 une façon de décrire les particules quantiques en termes de probabilités, mais avec un piège : les valeurs négatives dans sa formule ne sont pas de vraies probabilités, mais un artifice de calcul. C'est pourquoi on parle de « quasi-distribution ».