Une étoile à neutrons est le résidu compressé d'une étoile : une montagne de matière dans un dé à coudre. Si de la matière noire s'y accumule — cette substance invisible qui maintient les galaxies —, dans certaines conditions, elle peut être fatale. Dans l'espace ordinaire, il faudrait une masse incroyable, mais des dimensions cachées changent la donne.
La gravité est une courbure de l'espace-temps, comme un trampoline tendu. Les particules de matière noire, telles des billes, le creusent légèrement. Des dimensions supplémentaires les roulent en une boule de plomb qui déchire la toile — un trou noir apparaît. Zwicky a prédit les étoiles à neutrons, Rubin a prouvé la réalité de la matière noire ; aujourd'hui, leurs idées se rejoignent dans un scénario terrifiant.
Rebondissement inattendu : le trou miniature ne s'évapore pas immédiatement — les dimensions supplémentaires ralentissent son rayonnement. Il dévore l'étoile entière, imposant de sévères contraintes sur les propriétés de la matière noire : les particules plus lourdes que quelques dizaines de TeV sont exclues si ces dimensions existent. Dans un espace tridimensionnel plat, le seuil serait des millions d'ordres de grandeur plus élevé.
Les dimensions supplémentaires pourraient ne pas être plus grandes qu'un noyau atomique — environ un femtomètre, soit un milliard de fois plus fin qu'un cheveu.
Comme dans « Interstellar », où l'espace à cinq dimensions aide à survivre près d'un trou noir — sauf qu'ici, les dimensions cachées créent ce trou.