Un circuit supraconducteur, c'est comme une balançoire sans frottement, possible uniquement à la température de l'hélium liquide (–273 °C). Dans ce froid, le courant électrique circule en boucle sans s'atténuer, conservant son rythme. La bobine magnétique, parcourue par un courant minuscule, agit comme une brise capable de modifier la longueur des cordes imaginaires : le rythme se décale si brusquement qu'on dirait une balançoire devenue jouet.
Auparavant, pour changer fortement le rythme, il fallait de grands courants, source de chaleur et de parasites. La nouvelle approche contourne cet obstacle. Désormais, un courant de quelques millionièmes d'ampère (moins que dans un neurone) modifie la fréquence d'un milliard d'oscillations par seconde. Ce contraste transforme la puce en détecteur ultrasensible, utilisable pour la spectroscopie – l'analyse précise des substances – ainsi que pour des capteurs compacts en médecine et en astronomie.
Les ingénieurs ont comparé deux méthodes d'acheminement des bobines : les ponts aériens et la puce retournée. Les deux fonctionnent, mais la puce retournée donne un signal encore plus propre. Bien que l'idée de contrôler un circuit supraconducteur par un aimant ne soit pas nouvelle et soit à la base des qubits, l'efficacité atteinte est record. Désormais, les principes fondamentaux se concrétisent en dispositifs pratiques.
Les résonateurs supraconducteurs détectent des variations du champ magnétique un milliard de fois plus faibles que le champ terrestre.
Ces travaux rapprochent les ordinateurs quantiques – des machines qui traitent l'information non pas avec des bits, mais avec des qubits, comme dans la science-fiction.