Plus les antennes sont éloignées les unes des autres, plus les détails qu'elles captent sont fins. En combinant leurs signaux, les astronomes transforment plusieurs instruments en un seul télescope de la taille de la distance qui les sépare. En ajoutant une antenne lunaire aux antennes terrestres, on obtient un œil virtuel de 384 000 km de diamètre. C'est comme regarder le cosmos avec les yeux d'un géant dont les pupilles seraient écartées de la distance Terre-Lune.
La grande surprise, c'est l'anneau photonique. C'est un fin liseré de lumière né de la courbure de l'espace-temps la plus extrême. Pour l'observer, il faudra aussi des antennes flottant dans le vide entre la Terre et la Lune. Alors les ombres des trous noirs deviendront plus nettes, et nous pourrons tester les lois de la gravité là où elles travaillent à la limite.
La résolution angulaire d'un tel système — 0,7 microseconde d'arc — équivaut à pouvoir distinguer une orange posée sur la surface de la Lune depuis la Terre.
Comme dans « Interstellar », mais en plus précis : le télescope lunaire promet de montrer les ombres de lointains trous noirs avec un détail digne du cinéma.