Dans les nuages froids et ténus de l'espace, les particules se rencontrent rarement, mais parfois un ion et une molécule neutre passent assez près l'un de l'autre pour s'agglutiner. Ce faisant, ils émettent de la lumière – comme un éclair étouffé qui emporte l'excès d'énergie. Ce processus est appelé association radiative, et il est à l'origine de nombreuses molécules dans le milieu interstellaire.
Mesurer une telle association en laboratoire est difficile : il faut maintenir les particules ensemble très longtemps, sans les laisser se disperser. Le nouvel instrument fait exactement cela. Des ions d'argent et des molécules d'oxygène sont injectés dans un piège – un dispositif qui retient les particules chargées par des champs électromagnétiques, comme des parois invisibles. Les particules restent à proximité pendant des heures, et pendant ce temps, certaines paires parviennent à s'associer. Les chercheurs ont pour la première fois suivi comment la vitesse de la réaction varie avec la pression d'oxygène, et ont estimé la rapidité avec laquelle un ion d'argent capture une molécule d'oxygène.
Un tel instrument est comme une salle de rencontres silencieuse, où de rares couples peuvent enfin se trouver. Il permettra de mesurer les vitesses d'association de divers ions et molécules présents dans les nuages cosmiques. Comprendre ces processus aidera à expliquer d'où viennent les molécules complexes dans les recoins froids de l'Univers et comment elles influencent la naissance des étoiles et des planètes.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2601.09862
The ability to directly measure radiative-association rate coefficients for reactions between ions and neutral molecules has long challenged chemical physics laboratories, yet radiative association is one of the most important processes occurring in cold, diffuse regions of space. A reaction kinetics instrument has been developed for the investigation of ion--molecule radiative-association reactions, aimed at measuring slow, effective reaction rate coefficients for species relevant to astrophysical objects. The instrument consists of a glow-discharge ion source for production of bright and stable ion currents, a quadrupole mass filter for mass selection and detection, and a quadrupole ion trap capable of trapping reactants and products for the long times needed to measure slow kinetics. The performance and adaptability of the glow-discharge ion source has been evaluated using several configurations. To assess the feasibility of measuring reaction rate coefficients, the reaction of Ag$$^{+}$$ and O$$_{2}$$ was studied under pseudo-first-order conditions in the ion trap at room temperature. We present the first pressure-dependent study of this reaction and extract a lower limit of $$1 \times 10^{-15}$$ cm$$^3$$ molecule$$^{-1}$$ s$$^{-1}$$ for the Ag$$^{+}$$ + O$$_{2}$$ effective radiative-association rate coefficient. Measurements of effective radiative-association rate coefficients are possible for diverse atomic and molecular ions that react with neutral molecules over a range of rates in this versatile new instrument.
Dans le milieu interstellaire, la densité de matière est si faible qu'il y a moins d'un atome par centimètre cube, ce qui rend les réactions extrêmement lentes – parfois une seule collision prend des années.