Atomes de rubidium gazeux utilisés comme milieu dont l'absorption de la lumière révèle la température.La vapeur de rubidium est un gaz d'atomes de rubidium utilisé en physique atomique comme milieu sensible pour mesurer la température, les champs magnétiques et les propriétés de la lumière. Lorsque la lumière laser traverse la vapeur, les atomes de rubidium absorbent des longueurs d'onde spécifiques en fonction de leur mouvement thermique et de leurs états énergétiques. Le spectre d'absorption résultant agit comme un thermomètre de précision, car l'élargissement Doppler des raies spectrales reflète directement la distribution des vitesses des atomes, laquelle dépend à son tour de la température. Cela fait de la vapeur de rubidium un outil standard pour la mesure non invasive de la température dans les gaz et pour l'étude des interactions fondamentales entre la lumière et la matière.
La spectroscopie de la vapeur de rubidium remonte au début du XXe siècle, les premières études détaillées du spectre optique du rubidium ayant suivi sa découverte en 1861. L'utilisation moderne du rubidium dans les horloges atomiques et le refroidissement laser a émergé dans les années 1980, s'appuyant sur le développement des lasers à diode accordables.
Les atomes de rubidium possèdent un unique électron de valence, ce qui rend leurs transitions optiques intenses et bien comprises. Un laser accordé sur une raie d'absorption du rubidium est envoyé à travers une cellule contenant la vapeur. Les atomes se déplaçant vers le laser voient une fréquence décalée vers le bleu et absorbent à une longueur d'onde légèrement différente de ceux qui s'en éloignent, créant un profil d'absorption élargi par effet Doppler. En mesurant la largeur et la forme de ce profil, on peut déduire la température de la vapeur. Dans des configurations plus avancées, la vapeur est utilisée dans des pièges magnéto-optiques ou comme milieu pour ralentir la lumière, où ses résonances étroites permettent un contrôle précis de la propagation des photons.
La vapeur de rubidium est utilisée dans les horloges atomiques, les magnétomètres et comme milieu pour les expériences de lumière lente ; elle sert également de source d'étalonnage standard pour les fréquences laser et de thermomètre dans les expériences en phase gazeuse.
La vapeur de rubidium est si sensible aux champs magnétiques qu'elle est utilisée en magnétoencéphalographie pour détecter les faibles champs magnétiques produits par l'activité cérébrale humaine.


















