À deux kilomètres sous terre, sous l'épaisseur de la roche canadienne, se trouve un réservoir contenant trois tonnes d'argon liquide. L'argon est refroidi à moins cent quatre-vingt-six degrés et est aussi transparent que l'eau. Ce réservoir est un piège pour les particules de matière noire qui, selon les scientifiques, nous traversent chaque seconde sans presque jamais interagir avec la matière ordinaire.
Pour que le piège fonctionne avec précision, il faut le régler. Pour cela, on introduit du sodium-22 radioactif à l'intérieur du détecteur. Il émet trois rayons gamma en même temps — comme trois cloches qui sonnent à l'unisson. Grâce à ces signaux triples, il est facile de distinguer les événements de calibrage des perturbations aléatoires. Les scientifiques ont comparé la réponse du détecteur à l'énergie de ces rayons avec les calculs du modèle informatique. La concordance était bonne, ce qui signifie que l'instrument est fiable.
Ce réglage est comme la vérification d'une balance avant de peser. Si la balance ment, toutes les mesures sont faussées. Maintenant, DEAP-3600 est prêt pour une longue chasse : peut-être qu'un jour, une faible lueur apparaîtra dans l'argon, produite par une collision avec un WIMP — une particule hypothétique de matière noire. Et alors, le réservoir dans la mine deviendra la première fenêtre sur le monde invisible.
Le détecteur DEAP-3600 est si sensible qu'il peut détecter même un seul photon de lumière né dans l'argon lors d'une collision avec une particule.