Une imprimante qui n'utilise pas d'encre mais du métal et de la céramique, c'est désormais une réalité. Des scientifiques ont pris une simple goutte d'eau contenant des sels métalliques dissous et l'ont amenée à déposer sur une surface tantôt du cuivre, tantôt de l'oxyde de zinc, tantôt de l'hydroxyde de nickel. Le tout avec une précision de l'ordre du millionième de mètre.
Le secret réside dans l'électricité. La goutte est suspendue à l'extrémité d'une fine aiguille, et un faible courant est appliqué sous la surface. Les ions métalliques de la solution se transforment en matériau solide directement au point de contact. Si l'on modifie la tension ou la composition de la solution, un autre matériau commence à se former à partir de la même goutte. Ainsi, sans retirer l'aiguille, on peut « dessiner » une piste conductrice, et à côté, un isolant.
Pourquoi est-ce utile ? Les puces électroniques modernes sont fabriquées dans des chambres à vide, couche par couche, à travers des masques. C'est coûteux et lent. La nouvelle impression fonctionne à l'air libre, à partir de solutions aqueuses bon marché, et ne nécessite pas de masques. On peut rapidement créer des prototypes de capteurs, de transistors, de microbatteries — et les tester immédiatement.
Les scientifiques ont montré que l'on peut ainsi imprimer même des structures tridimensionnelles : par exemple, des piliers d'oxyde de zinc qui émettent de la lumière sous tension. À l'avenir, une telle imprimante pourrait assembler des circuits électroniques entiers — couche par couche, matériau par matériau, à partir d'une seule goutte.
L'épaisseur des pistes imprimées est d'environ 100 nanomètres, soit mille fois plus fin qu'un cheveu humain.