Un atome excité par la lumière restitue son énergie un instant plus tard en émettant un photon. Ce processus ressemble à un coureur fatigué qui se débarrasse d'un fardeau. Mais si le coureur se trouve sur une pente, il lui est plus difficile d'accélérer. La gravité agit de manière similaire sur l'atome : près d'un corps massif, le temps s'écoule plus lentement, et l'atome émet différemment.
Les physiciens ont construit un modèle où l'atome interagit avec le champ qui remplit l'espace, en tenant compte d'un champ gravitationnel faible. Les calculs montrent que le taux d'émission varie selon la position de l'atome et l'orientation de son dipôle — une sorte d'« antenne » de l'atome. Si l'atome est plus proche de la source de gravité, son émission peut s'accélérer ou se ralentir. Tout dépend de la fréquence de la lumière émise.
Ce résultat est important pour de futures expériences avec des systèmes quantiques dans un champ gravitationnel. Par exemple, des horloges atomiques de précision à différentes altitudes fonctionnent déjà différemment. On peut désormais prédire comment la gravité affectera l'émission d'un atome unique — la brique élémentaire des technologies quantiques.
La différence de temps entre le sommet d'un gratte-ciel et son sous-sol est si infime qu'elle ne peut être mesurée qu'avec des horloges atomiques ultra-précises. La gravité ralentit effectivement le temps, et cela influence l'émission des atomes.
Dans le roman « Interstellar », les héros sont confrontés à un ralentissement du temps gigantesque près d'un trou noir. Cet article montre que même une gravité faible introduit des corrections mesurables dans les processus quantiques.