Tout comme l'eau gèle en glace ou s'évapore, la forstérite dans le manteau terrestre, sous des pressions de milliers d'atmosphères, réassemble son motif atomique — telle un Rubik's Cube dont les faces se réorganisent en de nouvelles combinaisons. Naissent alors les minéraux wadsleyite et ringwoodite, et ces réarrangements alimentent le lent brassage des roches qui déplace les continents.
Les conditions exactes de cette transformation ont longtemps échappé aux scientifiques : impossible d'expérimenter en profondeur, et un calcul direct par ordinateur prendrait des siècles. La solution ? Un jumeau numérique de la forstérite, entraîné sur un modeste ensemble de données et prédisant les changements instantanément. Il prend soin de tenir compte de la mesure du désordre — l'entropie — cruciale pour la précision. Cette approche rappelle un ensemble universel de règles, semblable au modèle standard en physique.
La nouvelle carte des états a montré que la forstérite fond plus profondément qu'on ne le pensait, et que son motif varie selon les régions du manteau. Cela réécrit l'histoire de l'évolution de la planète.
La forstérite pure est la pierre précieuse péridot. Ses cousins des profondeurs, la ringwoodite et la wadsleyite, se cachent dans les diamants, comme des motifs secrets.
Les voyages fantastiques vers le centre de la Terre ont désormais une carte scientifique : nous savons quels motifs minéraux insolites nous croiserons en chemin.