Au cœur des Alpes se cache le Grand collisionneur de hadrons. De temps à autre, ses détecteurs enregistrent des pics soudains — les scientifiques les appellent OVNI (objets volants non identifiés). Selon une théorie, il ne s'agirait pas de pannes d'équipement, mais de traces de matière noire. En effet, la matière noire qui maintient les galaxies pourrait être constituée de minuscules amas d'antimatière — de la taille d'un grain de poussière, mais avec la masse d'un trombone.
Lorsqu'un tel amas traverse les roches terrestres, il crée une puissante onde sonore. À une centaine de kilomètres du LHC, cela suffit pour faire vaciller un instant le faisceau de protons — et un OVNI naît. Si l'on capte trois de ces signaux en deux secondes depuis différents points de l'anneau, on pourra affirmer avec certitude : la matière noire a « frappé à la porte ». Et du même coup, expliquer pourquoi, après le Big Bang, il est resté de la matière, tandis que l'antimatière a disparu.
L'énergie de l'impulsion sonore générée par un tel amas est comparable à l'impact d'un gros météorite, mais seul l'anneau de 27 kilomètres du LHC, transformé en sismographe géant, est capable de l'entendre.