Une bille magnétique flotte dans le vide au-dessus d'une plaque métallique froide. Ni fils, ni supports — seul le champ invisible du supraconducteur l'empêche de tomber. Si l'on pousse légèrement la bille, elle se met à osciller de haut en bas, et la fréquence de ces oscillations dépend de la force avec laquelle la plaque l'attire.
C'est ainsi que fonctionne le nouveau capteur de force. Au lieu d'un ressort ou d'un cantilever, une sphère en lévitation ; au lieu d'une mesure directe du déplacement, un décalage de fréquence de résonance capté par un circuit micro-onde ultrasensible. Le secret : plus la bille est grosse, plus son mouvement affecte le signal, donc moins il faut de photons pour une mesure précise. Cela ouvre la voie à la métrologie quantique avec des objets macroscopiques.
Une telle précision est nécessaire pour vérifier si la loi de la gravitation universelle ne dévie pas à des distances de l'ordre du dixième de micromètre. Certaines théories prédisent qu'à ces échelles apparaissent des forces supplémentaires — appelées forces de Yukawa. Le capteur pourra soit les détecter, soit imposer de nouvelles limites. Il mesurera également l'effet Casimir — l'attraction due aux fluctuations quantiques du vide entre des surfaces proches.
La plaque est refroidie presque au zéro absolu, et la bille est recouverte d'or pour supprimer les champs électriques parasites. Cependant, l'or crée des courants de Foucault qui freinent le mouvement — il faut donc trouver un équilibre. Mais si tout fonctionne, nous verrons pour la première fois un objet macroscopique se comporter à la frontière du monde quantique.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2602.13829
Near-field force measurements at submicron separations can probe Casimir effects and hypothetical short-range interactions, but require cryogenic operation and stable, \textit{in situ} control of separation-dependent backgrounds. We propose a self-calibrating quantum force-gradient sensor in which a ferromagnetic microsphere is Meissner-levitated above a type-I superconducting plane, while a bias magnetic field reproducibly tunes the equilibrium gap for in situ separation scans without mechanical approach. The force gradient is encoded as a resonance-frequency shift tracked by a phase-locked loop, and the motion is read out with a SQUID-coupled, flux-tunable microwave resonator that provides adjustable measurement strength without optical heating. Using the input--output formalism, we derive the conditions for reaching the standard quantum limit (SQL) and identify a counterintuitive scaling law: because displacement-to-flux transduction increases with microsphere size, larger microspheres require fewer photons to reach the SQL, enabling a pathway to macroscopic quantum metrology. We quantify the trade-off between suppression of electrostatic patch potentials (via Au coating) and eddy-current dissipation, project force sensitivities of $$\sim 10^{-19}\,\rm{N\,Hz^{-1/2}}$$ at millikelvin temperatures, and outline protocols to extract Casimir pressure and constrain Yukawa-type deviations from Newtonian gravity over $$0.1$$--$$10\,\mu\mathrm{m}$$.
Le supraconducteur repousse le champ magnétique, si bien que la bille lévite sans aucun support — comme si elle reposait sur un coussin invisible.
Dans le roman d'Arthur C. Clarke « Les Fontaines du paradis », des blocs de construction en lévitation sont décrits pour un ascenseur spatial — ce capteur utilise un principe similaire de lévitation magnétique pour des mesures scientifiques.