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Un télescope à rayons X a observé le bord d'un rémanent de supernova et n'y a trouvé aucun champ magnétique ordonné.
Le bord du rémanent de supernova RCW 86 est l'endroit où l'onde de choc de l'explosion d'une étoile percute le gaz environnant. Le télescopeIXPE a observé la région sud-ouest de cette frontière en rayons X et a tenté de détecter la polarisation, c'est-à-dire la direction d'oscillation de ces rayons. Si le champ magnétique derrière le front de choc était aussi régulier qu'un peigne, la polarisation serait forte. Mais l'instrument n'a vu aucun signal notable.
Au lieu de cela, les scientifiques ont pu établir des limites supérieures : dans les régions brillantes, la polarisation ne dépasse pas 15 %, et dans les régions sombres, elle est de 30 à 40 %. Cela signifie que le champ magnétique n'y est pas aligné dans une seule direction, même à l'échelle d'une fraction de parsec (environ trois années-lumière). Il ressemble davantage à un écheveau de fils emmêlés qu'à des sillons bien nets.
La polarisation des rayons X, c'est comme la direction des rides sur l'eau : si les vagues vont dans une seule direction, les rides sont ordonnées ; si elles clapotent dans tous les sens, on ne voit aucun motif.
Ce désordre dans le champ magnétique suggère que l'onde de choc à ce bord se déplace plus lentement que la matière éjectée lors de l'explosion, mais plus vite que ne le montrent les mesures directes de vitesse sur les images. Il semble que des ondes de choc réfléchies entrent en jeu : elles se forment dans les régions de faible densité du gaz éjecté, et non dans les amas brillants en ondes radio. Cela aide à comprendre comment l'onde de choc vieillit et s'atténue, laissant derrière elle des motifs étranges de gaz et de poussière.
RCW 86 est l'un des rares rémanents de supernova possiblement associé à l'explosion observée par les astronomes chinois en 185 de notre ère. La lumière de cette explosion a mis plus de huit mille ans pour atteindre la Terre.
Dans le roman « Solaris » de Stanislas Lem, l'océan de la planète engendre des structures impossibles à décrire avec de simples formes géométriques — de même, les champs magnétiques dans le rémanent de supernova refusent de s'ordonner de manière compréhensible.