Le cœur bat — et sur le ruban de papier de l'électrocardiogramme, chaque battement apparaît comme un pic aigu avec deux bosses : une montée rapide, puis une onde plus petite, puis une descente. Le médecin regarde ce ruban et voit le rythme, mais la forme de chaque pic — comment le muscle s'est contracté exactement — est difficile à discerner, surtout si l'enregistrement dure une journée entière.
La nouvelle méthode transforme ce ruban en un tapis coloré. Chaque battement est découpé en segments et disposé en rangées, comme des rangées de carreaux. La couleur indique la hauteur du signal : bleu foncé pour les bas, jaune vif pour les hauts. On obtient une image où l'on voit immédiatement : si le rythme s'accélère, les rangées se resserrent ; si la forme du battement change, le motif du tapis se déforme. Auparavant, ces changements étaient recherchés séparément ; maintenant, ils sont visibles ensemble, comme des fissures sur un même carreau.
Ce tapis ne concerne pas seulement le cœur. Tout motif répétitif, de la respiration aux oscillations techniques, peut être décomposé de la même manière. Mais pour les médecins, l'essentiel est que désormais un long enregistrement peut être parcouru d'un seul regard, comme un tapis sur le sol, et l'on remarque immédiatement où le motif s'est rompu.
Le plus long monitoring cardiaque continu a duré 14 ans : le patient portait un enregistreur implanté qui notait chaque battement.