L'électrocardiogramme, c'est comme un long ruban sur lequel le cœur laisse son écriture. Le médecin l'examine pour repérer les troubles du rythme, mais quand l'enregistrement dure plusieurs jours, le ruban s'étire sur des kilomètres. L'œil se fatigue, l'attention se dissipe, et des anomalies rares mais dangereuses peuvent passer inaperçues.
Le système AI-HEART agit comme un assistant infatigable qui parcourt tout le ruban sans s'arrêter. Il reçoit des enregistrements de plusieurs jours sur trois dérivations (comme trois caméras qui filment le cœur sous des angles différents), élimine les parasites, repère les limites des ondes et reconnaît différents types d'arythmies. Pour lui apprendre à distinguer les rythmes rares, les développeurs n'ont pas seulement utilisé des enregistrements annotés par des médecins : ils ont aussi créé des exemples supplémentaires à l'aide de modèles génératifs, un peu comme on entraînerait la reconnaissance faciale en complétant des portraits manquants.
Le médecin n'est pas laissé de côté : il vérifie les conclusions du système, corrige les erreurs, et ces corrections sont réintégrées dans l'apprentissage. Ainsi, la plateforme apprend progressivement de ses propres erreurs et devient plus précise. Le principal résultat n'est pas seulement une grande précision, mais la possibilité d'intégrer un tel service dans le travail quotidien d'une clinique : stocker les enregistrements, suivre chaque décision et effectuer un audit sereinement.
Un tel système ne remplace pas le cardiologue, mais c'est son troisième œil, qui ne cligne jamais. Un ruban de plusieurs jours cesse d'être insurmontable, et un trouble du rythme rare a une chance d'être détecté à temps.
Pour entraîner le réseau de neurones à reconnaître les arythmies rares, on a utilisé des modèles génératifs qui créent des exemples synthétiques, comme un artiste qui compléterait les images manquantes d'un film.
Dans la série « Westworld », les machines analysent en permanence la biométrie des humains pour prédire leur comportement. AI-HEART fait un premier pas vers une telle surveillance continue, mais uniquement pour le cœur.