Le plasma chaud dans un tokamak ressemble à un animal capricieux : il faut le contenir tout en évitant qu'il ne surchauffe. Dans le réacteur ASDEX Upgrade, on a trouvé un régime où les tourbillons du plasma résolvent eux-mêmes ce problème. La modélisation stochastique a montré que les oscillations à la bordure du plasma éjectent des paquets vers l'extérieur, comme des bulles dans une casserole qui bout. Ces paquets emportent l'excès de chaleur, tandis que le plasma principal reste stable.
Le secret réside dans le travail conjoint de deux types d'ondes : les unes agitent le plasma de l'intérieur, les autres le déchirent près du bord. Ensemble, elles créent des éjections rythmiques qui empêchent les parois du réacteur de surchauffer. On pensait auparavant que la turbulence ne faisait que nuire au confinement, mais ici elle s'avère bénéfique.
Désormais, les ingénieurs peuvent calculer plus précisément les futurs réacteurs. Au lieu de lutter contre les tourbillons, on peut les utiliser, comme une voile utilise le vent.
La température du plasma dans le tokamak atteint 150 millions de degrés, soit dix fois plus que celle du cœur du Soleil.
Dans le roman « Le Problème à trois corps » de Liu Cixin, la fusion nucléaire est la clé du salut de la civilisation, mais la maîtrise du plasma reste une pierre d'achoppement.