Des scientifiques ont plongé leur regard dans un aimant bidimensionnel composé d'atomes de nickel disposés en triangles, grâce à une méthode inventée par Isidor Isaac Rabi — la spectroscopie par résonance magnétique nucléaire (proche de l'IRM). À l'intérieur, ils ont découvert des aiguilles magnétiques qui, sous un champ intense, se figeaient en un motif « haut-haut-bas », comme des soldats au garde-à-vous : deux pas en avant, un pas en arrière.
Lorsqu'on chauffe, ce rang serré se comporte de manière inattendue : il conserve son ordre mais se met à couler — comme si les mêmes soldats glissaient sur le terrain sans briser leurs lignes. Cet état paradoxal est appelé supersolide : la matière est à la fois solide et fluide, à l'image de l'hélium à des températures extrêmement basses, découvert par Lev Landau.
Ce qui est stupéfiant, c'est que la fluidité apparaît précisément lorsqu'on chauffe, alors qu'habituellement tout fond. Ici, plus il fait chaud, plus il y a de désordre (entropie), ce qui va à l'encontre de la logique habituelle. La supersolidité n'a été observée pour la première fois qu'en 2004 dans des atomes ultra-froids ; aujourd'hui, on la retrouve dans un aimant à des températures accessibles. Cela oblige à repenser le modèle standard des états quantiques et promet de nouveaux matériaux pour les capteurs et les dispositifs quantiques.
La supersolidité est un paradoxe : la matière est à la fois rigide comme la glace et s'écoule sans frottement comme l'hélium superfluide. On l'a détectée pour la première fois en 2004 dans des atomes refroidis presque au zéro absolu, et maintenant on la trouve dans un aimant à des températures bien plus élevées.