Le mystère de la croissance rapide des trous noirs dans l'Univers jeune pourrait être expliqué par les quasi-étoiles. Ce sont des cocons de gaz géants avec un trou caché à l'intérieur. La matière qui y tombe s'échauffe et émet tant de lumière qu'elle empêche le cocon de se contracter. Un tel objet pèse des milliers de soleils et brille plus fort qu'une galaxie entière.
Une nouvelle modélisation a montré que si le trou absorbe au moins un dixième de la masse solaire par an, tout le cocon se mélange et émet une lumière rougeâtre — exactement comme les mystérieux « points rouges » dans le cosmos lointain. Ces points ont longtemps dérouté les astronomes. À cause de l'expansion de l'univers, leur lumière est décalée vers le rouge, mais ce qui brillait exactement restait inconnu. Lorsque la masse du cocon atteint des dizaines de milliers de masses solaires, la courbure de l'espace-temps provoque une instabilité, et un trou noir naît au centre.
Le paradoxe, c'est que le trou noir, qui d'habitude absorbe la lumière, devient lui-même la principale source de rayonnement. En comparant la luminosité observée des points rouges avec les modèles, les scientifiques ont découvert qu'elle correspond au rythme d'absorption requis. Ainsi, les quasi-étoiles se sont allumées dans l'Univers jeune et ont probablement été les germes des trous noirs supermassifs.
Si une quasi-étoile remplaçait le Soleil, son enveloppe s'étendrait au-delà de l'orbite de Jupiter, et à l'intérieur se cacherait un trou noir de la taille d'une petite ville.