Deux complices interrogés : trahir ou se taire ? Si chacun ignore ce que fera l'autre, leur choix met en échec la règle classique des probabilités. C'est comme rouler à vélo sur une route cahoteuse : une selle dure vous fait sauter. La règle des manuels, le modèle standard, défaille. Les auteurs de la nouvelle étude ont trouvé une solution simple : le cycliste a besoin d'une selle moelleuse. Il suffit d'admettre que les prisonniers ne sont pas absolument certains des actions de leur complice — seulement des suppositions, différentes selon les individus. Cette mesure du doute, l'entropie, agit comme un amortisseur. Une fois sur la route avec cette prise en compte de l'incertitude, le modèle classique cesse de patiner. Tout résultat surprenant attribué à la logique quantique peut être reproduit sur ce vélo bringuebalant mais fiable. Il s'avère que les adeptes du quantique ont insisté pendant des années sur des complications, alors que le secret se cachait dans une simple indécision humaine. La poussière cosmique du doute ne ruine pas la théorie — elle rappelle que dans la vie, nous agissons rarement avec une certitude absolue. Le vieux vélo roule, si on lui laisse un peu de jeu.
Le paradoxe a été inventé en 1950, et aujourd'hui les biologistes l'utilisent pour expliquer pourquoi dans la nature les animaux s'entraident — des chauves-souris aux poissons.