Dans les premiers centaines de millions d'années après le Big Bang, le cosmos ressemblait à un club de jeunes bruyant : les galaxies s'allumaient, entraient en collision, et formaient des étoiles par centaines. Mais au milieu de cette effervescence, le télescope James Webb a repéré quelque chose d'étrange : de véritables quartiers de « retraités » silencieux. Ce sont des galaxies massives qui ont cessé de former des étoiles, alors que, selon tous les calculs, elles auraient dû encore bouillonner.
Les astronomes ont passé au peigne fin une portion de ciel d'environ quatre pleines Lunes et ont trouvé 101 de ces galaxies dans une liste « en or » (et 137 de plus dans une liste moins stricte). Leur densité spatiale est 20 fois plus faible à l'époque z~6, mais surtout, aux premiers stades (z~3-4), elles étaient dix fois plus nombreuses que ne le prédisaient les meilleurs modèles informatiques. Comme si on découvrait une foule de vieillards aux cheveux blancs dans une maternelle.
Qu'est-ce que cela signifie ? Les premières galaxies ne se contentaient pas de croître plus vite : elles se rassemblaient aussi en « quartiers » plus denses qu'on ne le croyait. Peut-être des mécanismes puissants ont-ils rapidement étouffé la formation d'étoiles, comme des trous noirs supermassifs ou des explosions de supernovae qui auraient expulsé le gaz. Aucun modèle ne reproduit encore l'ensemble de ce tableau.
Si ces galaxies vivent vraiment en si grand nombre, il faudra redessiner nos cartes de l'univers primitif. Et le télescope Webb devra chercher des « retraités » encore plus lointains pour comprendre quand ils ont eu le temps de vieillir.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2604.05022
We measure the number density and field-to-field variance of massive quiescent galaxies at $$z\sim3$$ - 8 using the JWST/NIRCam pure-parallel imaging survey PANORAMIC together with archival observations, covering an area of 0.28 deg$$^2$$ ($$\sim1000$$ arcmin$$^2$$) in at least six filters. We identify quiescent galaxy candidates at $$z\gtrsim3$$ with $$M_\ast \gtrsim 10^{10}\,M_\odot$$, comprising 101 galaxies in a gold sample of high-confidence candidates and 137 in a more inclusive silver sample. We measure their evolving comoving number density, finding $$(1.5$$ vs. $$3.1)\times10^{-5}\,\mathrm{Mpc}^{-3}$$ at $$z=3$$ - 4 for the gold and silver samples, respectively, and a decline by more than a factor of 20 by $$z\sim6$$. Comparisons with empirical models and cosmological simulations show that widely used frameworks underpredict the abundance of massive quiescent galaxies at $$z\gtrsim4$$ by $$\gtrsim1$$ dex, indicating that current implementations of early star formation, feedback, and quenching do not produce enough early quenched systems. With 34 independent sightlines, we present the first direct empirical measurement of field-to-field variance for quiescent galaxies at $$z>3$$, finding a high cosmic variance of $$\sigma_{\rm CV}\approx0.7\pm0.3$$. This exceeds predictions from abundance-matched mock catalogs, suggesting that early quiescent galaxies are more strongly clustered, and more likely to be found near one another or in more biased regions, than expected in current galaxy-formation models. Any successful model for the emergence of early massive quiescent galaxies must reproduce both their abundance evolution and their imprint on the large-scale distribution.
Le télescope James Webb observe dans l'infrarouge, il voit donc la lumière étirée par l'expansion de l'univers, comme si un phare lointain brillait à travers un verre rouge.