Un pâtissier ajoute plus de sucre à sa pâte, et le gâteau change. Il en va de même pour une étoile : la composition de sa « pâte » — le nuage de gaz et de poussière qui donne naissance aux planètes — détermine quels mondes se forment autour d'elle. Les astronomes ont remarqué que lorsque le carbone est nettement plus abondant que l'oxygène dans une étoile, ses planètes géantes ont tendance à orbiter plus loin, comme les planètes externes tranquilles, à l'instar de notre Jupiter.
Les scientifiques ont analysé les spectres de 598 étoiles abritant 929 planètes, issus de trois grands relevés du ciel. Il s'avère que pour les étoiles avec un rapport carbone/oxygène (C/O) élevé, les géantes préfèrent les orbites longues — des années plutôt que des jours. Les modèles montrent que dans ces disques, davantage de matière solide s'accumule dans les régions externes, où les grandes planètes se développent, ne migrant que légèrement vers l'intérieur.
Cette découverte relie la chimie du disque stellaire à l'architecture des mondes lointains. Désormais, en observant une étoile, on peut anticiper où chercher ses planètes géantes — et comment elles y sont arrivées.
Notre Soleil a un rapport C/O d'environ 0.5, et Jupiter orbite en 12 ans — exactement en accord avec la tendance découverte.
Dans le roman de Stanislas Lem « Solaris », une planète-océan tourne autour d'une étoile double — et sa chimie étrange engendre un monde inhabituel, comme le suggèrent les nouvelles données sur le lien entre la composition stellaire et les planètes.