La nuit, un lampadaire lointain semble immobile, mais si l'on s'approche et que l'on regarde attentivement, on peut remarquer qu'il oscille légèrement dans le vent. C'est à peu près ainsi que les astronomes cherchent des planètes autour d'autres étoiles : ils mesurent comment l'étoile se déplace imperceptiblement sous l'attraction de ses compagnons invisibles.
Dans cette nouvelle étude, les scientifiques ont sélectionné 176 étoiles autour desquelles des disques de poussière avaient déjà été détectés — des vestiges de matériaux de construction à partir desquels des planètes ont pu se former. Ces disques indiquent souvent la présence de corps massifs qui se frayent un chemin. Mais voir directement les planètes est presque impossible : elles sont trop faibles et se perdent dans l'éclat de l'étoile. Les auteurs se sont donc tournés vers les données du télescope spatial Gaia, qui mesure les positions des étoiles avec une précision incroyable — comme si l'on pouvait distinguer une pièce de monnaie sur la Lune depuis la Terre.
En comparant ces 176 étoiles avec des systèmes planétaires déjà connus, les scientifiques ont identifié plusieurs candidats qui possèdent probablement des planètes massives. Ces étoiles deviendront les principales cibles des futures observations, lorsque le nouveau catalogue de Gaia sera publié avec des données encore plus précises. Alors, peut-être verrons-nous non seulement l'oscillation du lampadaire, mais aussi l'ombre de la main invisible qui le fait bouger.
Le télescope Gaia mesure les positions des étoiles avec une précision de quelques microsecondes d'arc — c'est comme voir l'épaisseur d'un cheveu humain à une distance de 1000 kilomètres.
Dans la série « The Expanse », les astronomes découvrent la protomolécule en remarquant des anomalies dans le mouvement d'un astéroïde — un principe similaire : l'invisible se trahit par la gravité.