Deux rives supraconductrices sont reliées par un pont en matériau magnétique. À l'intérieur du pont se trouve une paroi de domaine : une frontière étroite où l'aimantation pivote, comme une rangée de soldats qui change de direction. Le courant qui traverse ce pont ne se comporte pas comme une rivière tranquille, mais comme un flux contournant un obstacle : il s'enroule en boucles et varie en intensité.
Les auteurs ont calculé qu'un déplacement de la paroi le long de la piste — même de quelques fractions de micromètre — modifie sensiblement le courant critique. Pour certaines positions, le courant passe d'un régime ordinaire à un régime « inversé », où la phase de supraconductivité est décalée d'une demi-période. Une telle sensibilité fait de la paroi de domaine une manette de contrôle : plus besoin d'aimants externes ni de contacts supplémentaires.
C'est important pour les mémoires à « pistes de course » : les parois de domaine savent déjà stocker des bits, et on peut désormais les lire avec le même courant qui déplace les données. Le dispositif devient plus simple et plus compact — le même chemin sert à la fois de support et de détecteur.
Une paroi de domaine peut être plus fine que dix nanomètres — c'est environ mille fois plus mince qu'un cheveu humain.