Les gouttes d'un robinet mal fermé battent un rythme régulier. Un rythme semblable, mais à l'échelle de l'univers, a été découvert par des astrophysiciens : la formation des trous noirs primordiaux — ces objets minuscules nés dans les tout premiers instants après le Big Bang — ne se fait pas de manière chaotique, mais strictement mesurée. La masse d'un tel trou ne croît pas de façon continue, mais par bonds, comme si elle répétait le même motif encore et encore, mais à chaque fois à une échelle réduite.
Auparavant, on ne connaissait cette « rythmicité » que pour un univers idéalisé, sans expansion. La nouvelle simulation sur un univers en expansion — précisément ce qu'était notre univers à ses débuts — a confirmé que ce rythme en escalier persiste. C'est crucial, car les trous noirs primordiaux sont considérés comme l'un des principaux candidats pour la matière noire — cette charpente invisible qui maintient les galaxies.
Grâce à cette rythmicité, les futurs détecteurs d'ondes gravitationnelles — ces ondulations de l'espace-temps — pourraient capter non pas un bruit aléatoire, mais une « mélodie » ordonnée, jouée par des trous en fusion. Et voici le rebondissement inattendu : ces trous pourraient être si petits qu'en traversant la Terre, ils ne toucheraient pas un seul atome, bien que chacun pèse comme une montagne.
Les trous noirs primordiaux, s'ils existent, pourraient avoir la taille d'un atome tout en pesant comme une montagne.