Juste après le Big Bang, l'espace s'est couvert d'ondulations — des ondes gravitationnelles, comme celles provoquées par une pierre jetée dans l'eau. Ces vibrations de la trame même de l'univers, prédites par Alan Guth, se sont étendues à tout le cosmos. Elles ont légèrement densifié la matière primordiale à certains endroits et l'ont raréfiée à d'autres. Ainsi sont apparus des amas invisibles — les halos de matière noire, qui ont servi de squelette aux futures galaxies.
De nouveaux calculs montrent que pour les galaxies proches, l'effet est presque imperceptible — une correction d'environ un pour cent. Mais pour les galaxies lointaines, observées à 13 milliards d'années-lumière, l'effet atteint cent pour cent ! Paradoxe étonnant : la longueur de ces ondes est aujourd'hui comparable à la taille de l'Univers visible tout entier, si bien qu'on ne peut pas les détecter directement — seulement à travers la distribution déformée des galaxies.
Si les ondes gravitationnelles du Big Bang avaient été un peu plus fortes, les galaxies auraient pu s'aligner non pas en filaments et en murs, mais en anneaux et en sphères géantes.
Dans le roman « Contact » de Carl Sagan, l'héroïne reçoit un message d'une autre civilisation via les ondes gravitationnelles. Ici, ce sont les ondes elles-mêmes qui sont un message venu de l'enfance de l'Univers.