Empreintes magnétiques et fluctuations des époques de réionisation et de recombinaison de l'univers primitif.L'aube cosmique, la période où les premières étoiles et galaxies se sont formées, a laissé des empreintes magnétiques subtiles dans le milieu intergalactique. Ces champs magnétiques, bien qu'extrêmement faibles, sont des reliques des processus complexes qui se sont déroulés pendant l'époque de la réionisation, lorsque la lumière ultraviolette des premières étoiles a ionisé l'hydrogène neutre qui remplissait l'univers. L'étude de ces signatures magnétiques offre une fenêtre unique sur les conditions de l'univers primitif et la nature de la matière noire.
Le concept de champs magnétiques primordiaux remonte aux années 1960, mais l'idée spécifique de détecter des signatures magnétiques de l'aube cosmique a gagné du terrain dans les années 2000 avec le développement de radiotélescopes sensibles comme LOFAR et le Square Kilometre Array (SKA).
Lors de la recombinaison, quand l'univers s'est suffisamment refroidi pour que les électrons et les protons forment de l'hydrogène neutre, de minuscules fluctuations de densité et de température ont été imprimées sur le fond diffus cosmologique. Plus tard, pendant la réionisation, le mouvement des particules chargées dans le gaz ionisé a généré des champs magnétiques par l'effet de batterie de Biermann et d'autres instabilités plasma. Ces champs peuvent être détectés par leurs effets sur la polarisation du fond diffus cosmologique et par la rotation de Faraday des ondes radio provenant de sources lointaines.
Ces signatures magnétiques sont utilisées pour contraindre les modèles de l'univers primitif, y compris le calendrier de la réionisation et les propriétés des premières galaxies. Elles fournissent également un moyen de sonder l'interaction entre la matière noire et la matière ordinaire dans le cosmos primitif.
Les champs magnétiques générés pendant l'aube cosmique sont si faibles qu'ils sont des milliards de fois plus faibles que le champ magnétique terrestre, mais ils peuvent être détectés grâce à leur effet cumulatif sur la polarisation de la lumière sur des milliards d'années-lumière.












