Juste après le Big Bang, l'expansion de l'univers a démarré à une vitesse folle. On aurait dit qu'on tirait brusquement sur un drap tendu — les poussières sont projetées en l'air. C'est ainsi que des neutrinos lourds ont été « secoués » hors du vide — des particules presque insaisissables. Elles se sont désintégrées de manière inégale : pour chaque grain d'antimatière (la matière miroir), il est apparu un léger surplus de matière ordinaire. C'est de ce minuscule déséquilibre qu'est né tout ce que nous voyons.
Cette inflation (gonflement) a été si puissante qu'elle a affecté la courbure de l'espace-temps elle-même, engendrant des ondes gravitationnelles — des ondulations du cosmos. Les futurs télescopes, en scrutant le Fond diffus cosmologique (la lumière ancienne), pourraient les détecter. Ce serait une preuve directe de ce scénario. L'idée de l'inflation a été proposée par Alan Guth, et la nature des ondes gravitationnelles a été décrite par Kip Thorne.
Pour créer toute la matière, il a suffi d'un déséquilibre microscopique : pour chaque milliard d'antiparticules, il y avait une particule ordinaire de plus.