La recherche de vie extraterrestre ressemble à une enquête policière : il faut, à partir d'indices fragmentaires, distinguer les traces du vivant des empreintes laissées par la nature inanimée. Sur Encelade, lune de Saturne, les enquêteurs ont de la chance : des geysers jaillissent des fissures de la croûte de glace, projetant l'eau de l'océan sous-glaciaire directement dans l'espace. Cela permet de prélever des échantillons sans se poser à la surface.
Les principaux indices sont le rapport entre les atomes légers et lourds du carbone et la « gaucherie » des acides aminés. Sur Terre, la vie construit ses protéines exclusivement à partir de molécules « gauchères », comme si toutes les clés du monde n'ouvraient que des serrures à gauche. Mais des processus non vivants, dans les sources chaudes, savent imiter ces deux caractéristiques. De nouveaux calculs ont montré que sans données précises sur la température des profondeurs, la composition des roches et la vitesse des courants, toute mesure reste une devinette. Il y a trop de fausses pistes.
Le plus surprenant, c'est que la « gaucherie » ne garantit pas la vie. En laboratoire, la lumière ultraviolette fait que le méthane et l'ammoniac produisent spontanément des acides aminés « gauchères ». L'univers est un maître dans l'art de brouiller les pistes.
Les geysers d'Encelade éjectent l'eau à une telle vitesse qu'elle s'échappe dans l'espace et alimente l'un des anneaux de Saturne.
Dans le roman d'Arthur C. Clarke « 2010 : Odyssée deux », une force intelligente interdit aux humains de se poser sur Europe, car là-bas, sous la glace, l'évolution ne fait que commencer.