Quand une voiture avec le régulateur de vitesse passe sur un ralentisseur, la vitesse fait un bond momentané, mais le moteur tourne régulièrement. C'est un peu ce que les astronomes ont récemment observé avec l'énergie noire, cette force qui accélère l'expansion de l'univers. Les scientifiques la décrivent par un paramètre w : s'il descend en dessous de -1, l'univers s'emballerait jusqu'au « Big Rip ». Les données du projet DESI montrent que w a deux fois brièvement plongé dans cette zone dangereuse, sans catastrophe. En général, un tel comportement exige une physique étrange, mais un nouveau modèle offre une explication simple.
Dans ce modèle, les particules de matière noire interagissent avec l'énergie noire comme un ralentisseur sur la route : leur couplage pousse légèrement le système, et le paramètre w tombe temporairement sous -1, alors que l'énergie noire elle-même reste stable. Le modèle a été testé avec trois sources de données : les distances des galaxies (DESI), les propriétés du fond diffus cosmologique (Planck) et la luminosité des supernovae lointaines. Tout concorde.
La conclusion la plus inattendue est que les particules de matière noire doivent être incroyablement légères : environ 0,002 électron-volt. La masse de l'électron est près d'un demi-million de fois plus grande. Ces « plumes » pourraient appartenir à une famille de particules inconnue, encore à découvrir.
L'énergie noire se comporte comme de l'eau qui frémit un instant sans former de bulles : la pression saute, mais le système se calme rapidement.
L'idée d'une énergie noire instable a inspiré de nombreuses histoires de « Big Rip », comme dans le roman de Paul McAuley « La Guerre des remotes ».