Depuis la fin du XXe siècle, les astronomes savent que l'expansion de l'univers s'accélère, comme si une force invisible poussait les galaxies. On a baptisé cette force mystérieuse énergie noire et on l'a longtemps considérée comme un souffle régulier et immuable – pour sa découverte, Adam Riess et Saul Perlmutter ont reçu le prix Nobel.
Le modèle MEDE brise ce dogme : l'énergie noire n'est pas un vent éternel, mais une rafale temporaire, apparue lorsque l'Univers avait atteint la moitié de son âge actuel. Deux nombres simples – l'instant de son apparition et la force de sa poussée – suffisent à définir son caractère. La comparaison avec les données sur les explosions d'étoiles lointaines et sur la luminescence résiduelle du Big Bang a révélé une surprise : ce « vent programmé » colle mieux à la réalité que la traction classique et constante. De plus, cette rafale n'est pas parfaitement régulière : sa force semble avoir fluctué, franchissant un seuil mystérieux où la pression dépasse l'énergie, et MEDE explique naturellement ces à-coups.
Le plus intrigant, c'est que dans le futur, cette rafale s'épuisera, et l'expansion du cosmos continuera par inertie, comme un vélo qu'on ne pédale plus. Ironie du sort : la plus grande force qui accélère l'Univers n'est elle-même qu'un épisode.
Si le modèle est correct, dans un avenir lointain, l'énergie noire disparaîtra, et l'expansion du cosmos ne se poursuivra que grâce à l'impulsion accumulée.