Depuis lors, les astronomes mesurent la vitesse d'expansion de l'Univers de deux manières. L'une utilise cette lumière ancienne, ou rayonnement fossile (données du satellite Planck et du télescope ACT). L'autre s'appuie sur les explosions de supernovae lointaines, qui servent de « chandelles standard » pour estimer les distances. Mais ces « horloges » cosmiques affichent obstinément des heures différentes. Ce désaccord a été baptisé tension de Hubble, en l'honneur d'Edwin Hubble, qui a découvert l'expansion.
Dans une étude récente, des physiciens se sont demandé : et si le pendule de ces horloges cosmiques avait légèrement changé ? La masse de l'électron pourrait jouer ce rôle. Il suffirait qu'elle « tremble » – qu'elle varie d'une fraction infime, moins d'un dix-millième de pour cent – pour que les lectures des horloges « précoces » (basées sur le rayonnement fossile) se rapprochent de celles des horloges « tardives » (basées sur les supernovae). De plus, cela atténuerait une autre contradiction : celle de la façon dont la matière noire s'agglomère, c'est-à-dire la structure à grande échelle de l'Univers. Mais dès que les scientifiques ont superposé la carte des galaxies actuelles obtenue par le relevé DESI, la synchronisation s'est rompue. En ajustant la vitesse d'expansion, on modifie involontairement la densité de matière, qui ne correspond plus à ce que l'on observe aujourd'hui.
La masse de l'électron détermine la force de liaison des atomes. Si elle était légèrement différente, les étoiles brûleraient autrement, et la vie pourrait ne pas être apparue.