Un laser d'usine, qui sur les chaînes de production découpe et soude le métal, a été utilisé pour la première fois comme accélérateur de particules. Des physiciens ont pris un laser standard à l'ytterbium — dont le cœur est un cristal de la taille d'une paume — et ont transformé ses impulsions en outil pour accélérer des électrons jusqu'à presque la vitesse de la lumière. Auparavant, un tel exploit nécessitait des systèmes laser uniques, de la taille d'une pièce entière, alors qu'ici, il s'agit d'un simple dispositif industriel.
Le laser émet des impulsions picosecondes (des millièmes de milliardième de seconde), qui sont ensuite comprimées 20 fois, jusqu'à 50 femtosecondes. C'est comme si un long roulement de tonnerre était condensé en un éclair instantané. L'impulsion comprimée frappe un jet de gaz et crée une bulle de plasma — une minuscule cavité où les électrons sont capturés par l'onde, tels des surfeurs sur une crête, et projetés vers l'avant avec une énergie de plusieurs mégaélectronvolts. Le laser fonctionne en mode rafales : on peut régler de 625 à 6250 tirs par seconde, soit des dizaines de fois plus souvent que dans les expériences précédentes.
La simulation numérique a montré que l'accélération se déroule en mode autorégulé : le faisceau laser se focalise lui-même dans le plasma, créant les conditions d'une accélération stable. Cela ressemble à un hors-bord qui crée derrière lui une vague qui pousse le nageur — sauf qu'ici, la vague est faite d'électrons et le hors-bord est une impulsion lumineuse. Cette approche allie la fiabilité des équipements industriels à l'efficacité de l'accélération par plasma et promet des sources compactes d'électrons rapides pour la radiothérapie, l'imagerie ultrarapide et le contrôle qualité des matériaux.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2606.07147
Laser plasma accelerators (LPAs) are a promising platform for compact radiation sources. For a wide range of applications, including radiotherapy, ultrafast electron diffraction and time-resolved imaging, stable operation at high repetition rates is essential in order to deliver competitive average particle flux. Here we demonstrate the first LPA driven by an industrial-grade ytterbium-doped yttrium aluminium garnet (Yb:YAG) laser, designed for high-average-power operation. The picosecond laser pulses are post-compressed in a multi-pass cell to 50 fs duration and used to drive the interaction. The electron accelerator is operated in burst mode, at repetition rates tuneable from 0.625 to 6.25 kHz, representing a substantial increase compared to the state-of-the-art. Across this range, the electron beam properties remain unchanged, with average charges of 10-12 pC per shot, divergences of 50-70 mrad, and Maxwellian-like spectra extending to a few MeV. Numerical simulations capture the key features of the experimental observations and indicate acceleration in the self-modulated regime, enabled by relativistic self-focusing in near-critical-density plasma. Combining industrial high-average-power laser technology with plasma-based acceleration, these results represent a key step toward scalable, compact high-repetition-rate electron sources for medical, imaging and industrial applications.
Le laser à ytterbium sur cristal Yb:YAG est un proche parent des lasers qui découpent l'acier dans les usines ; son élément actif, pas plus grand qu'un biscuit, remplace toute une salle d'appareillage scientifique.