Le télescope James Webb a trouvé trop de galaxies massives dans l'Univers primordial — plus que ne le permettait le modèle de matière noire (démontré dans les années 1970 par Vera Rubin). L'énigme a été résolue en ajoutant une « bosse » et une « coupure » au « relief » initial de la matière invisible.
C'est comme dans une recette avec des grumeaux de levure : une répartition uniforme donne une levée lente, mais une poignée de levure concentrée en un endroit (la bosse) et le retrait des plus fines particules qui pourraient former une croûte (la coupure) font lever la pâte plus haut et plus vite. De même, les irrégularités de la matière noire ont accéléré la naissance des galaxies géantes.
Le modèle ne perturbe pas l'époque où la lumière des premières étoiles a illuminé l'hydrogène neutre, et il explique la formation rapide des trous noirs supermassifs. Les calculs montrent que les premiers astres ne se sont pas formés dans des grains de poussière, mais directement dans des blocs de dizaines de millions de masses solaires. Ils ont brillé puis se sont éteints en quelques millions d'années, ensemençant le cosmos en carbone, oxygène et azote — les matières premières des futures planètes. Comme si l'« atome primitif » de Georges Lemaître avait repris vie dans ces mêmes grumeaux dont sont nées les étoiles.
Les premières étoiles étaient probablement des centaines de fois plus massives que le Soleil et ne vivaient que quelques millions d'années. Leurs explosions ont dispersé dans l'espace du carbone, de l'oxygène et de l'azote — littéralement des « engrais » pour les futures planètes et la vie.