Depuis la fin du XXe siècle, on sait que l'expansion de l'Univers s'accélère : les galaxies s'éloignent de plus en plus vite. Cette découverte a valu le prix Nobel à Adam Riess, Saul Perlmutter et Brian Schmidt. L'explication standard repose sur l'énergie noire — une force invisible qui repousse l'espace. Une nouvelle étude propose un mécanisme différent : tout est affaire de post-sélection — une règle quantique qui évoque un roman policier dont on connaît la fin et où l'on ajuste les indices en conséquence. Le futur ne retient que les scénarios qui mènent au résultat voulu. Cela résout une vieille énigme : pourquoi l'accélération a-t-elle commencé précisément à l'époque où nous et les galaxies existons ? Le modèle n'introduit aucune mystique et s'accorde parfaitement avec les données sur les supernovas et l'âge des galaxies. Il décrit aussi correctement les époques primitives qui ont suivi le Big Bang. Conclusion inattendue : sans cette « mise au point », l'accélération aurait démarré à une époque où il n'y avait que des atomes — et les étoiles ne se seraient jamais allumées.
Les supernovas de type Ia sont des explosions d'étoiles à la luminosité presque identique : on les utilise comme des « règles » standard pour mesurer des distances de milliards d'années-lumière.
La post-sélection rappelle l'intrigue de la nouvelle « L'Histoire de ta vie » de Ted Chiang, où la connaissance du futur détermine les actions du présent.