Uranus et Neptune étaient jusqu'ici considérées comme des géantes de glace, en raison des épaisses couches d'eau gelée, de méthane et d'ammoniac qu'on leur supposait. De nouveaux calculs dressent un tout autre tableau : sous leur surface se cacherait un océan de magma brûlant qui, sous une pression énorme, aurait absorbé une quantité colossale d'hydrogène. Cet océan ressemble à une boisson gazeuse surchauffée — mais au lieu de sirop, de la roche en fusion, et au lieu de dioxyde de carbone, de l'hydrogène léger qui rend le tout moins dense.
Ce modèle explique simplement la taille, le poids, la chaleur et même la composition de l'atmosphère, où flottent des nuages d'hydrogène et d'hélium. On comprend désormais que ces planètes sont les plus proches parentes des nombreux mondes découverts autour d'autres étoiles. Et le fait le plus surprenant : dans cet océan magmatique, l'hydrogène est comprimé si violemment qu'il se transforme en liquide métallique — un excellent conducteur d'électricité. C'est probablement ce qui engendre les étranges champs magnétiques d'Uranus et de Neptune, si différents de celui de la Terre.
À l'intérieur d'Uranus et de Neptune, l'hydrogène est comprimé jusqu'à l'état de liquide métallique, ce qui explique leurs champs magnétiques singuliers.