Un jardinier veut faire pousser une fleur rare. Il ne faut pas arroser et fertiliser n'importe comment, mais selon un planning strict : un peu plus de chaleur le matin, un peu moins d'humidité le soir. Sinon, les mauvaises herbes envahissent le parterre. C'est à peu près ce qui se passe avec les molécules à la surface d'un métal.
Lorsque des molécules organiques se déposent sur un métal, elles s'assemblent en motifs — comme les pièces d'une mosaïque. Un motif peut conduire l'électricité mieux qu'un autre, un autre moins bien. Mais le motif le plus convoité est souvent instable : laissez le système libre, et il se réorganise en une structure plus simple, « mauvaise herbe ». Attraper le bon moment et figer le motif fragile est un problème à multiples inconnues.
Les calculs ont montré que si l'on fait varier les conditions non pas par paliers, mais de manière continue, le long d'une trajectoire astucieuse, on peut contourner les pièges et porter le rendement du motif souhaité à 97 %. Le réglage manuel d'un protocole en trois étapes ne donnait que 73 %. La différence est comparable à celle entre l'artisanat et la chaîne de montage.
Cette approche n'est pas liée à des substances particulières. Elle ressemble à une télécommande universelle pour la croissance des cristaux — des capteurs aux panneaux solaires. Le jardinier ne reçoit pas seulement un arrosoir, mais aussi un calendrier d'arrosage précis pour chaque fleur rare.
La différence de 24 % entre l'optimisation manuelle et automatique est comparable à une situation où, sur cent pièces, seules 3 seraient défectueuses au lieu de 27 — une production quasi parfaite.