Les trous noirs supermassifs dotés de noyaux actifs de galaxie et de disques d'accrétion capturent parfois un trou noir voisin, et la paire émet des ondes gravitationnelles. Le futur LIGO spatial — un interféromètre géant — les entendra.
Le mouvement de l'archet sur une corde produit un son. En appuyant sur la corde, on change la hauteur, et un dé à coudre sur l'archet ajoute un nouvel harmonique. Il en va de même pour les trous noirs : les théories allant au-delà des idées de Albert Einstein prédisent une « charge scalaire » — ce fameux dé à coudre. En prenant le modèle d'un trou noir non rotatif de Karl Schwarzschild, les scientifiques ont effectué une simulation numérique de milliers de signaux — l'équivalent d'une spectroscopie — et ont découvert que la charge est perceptible même avec des données imprécises. Cela contredit la thèse de Stephen Hawking sur les trous noirs « chauves » — la charge scalaire ferait exception.
Cette découverte accélère la recherche de nouveaux champs, peut-être liés à l'énergie noire ou aux axions de la matière noire. Des effets similaires sont également recherchés via la lentille gravitationnelle, mais c'est la musique des trous noirs qui fournit le signal le plus pur.
En un an d'observations, LISA enregistrera jusqu'à cent mille orbites d'un petit trou noir autour d'un géant, captant comment la « note » gravitationnelle change.